Kingdom Hearts > Test
Au début des années 2000, Square Soft était le plus grand vendeur de rêves dans le cœur de tous les fans de RPG. Fort de succès colossaux et mondiaux comme Final Fantasy VII (qui fut le premier RPG à avoir franchi les frontières européennes), le studio se sent suffisamment en confiance pour tenter des choses nouvelles, voire de faire des paris un peu fous. Tetsuya Nomura, alors Character Designer des 4 derniers Final Fantasy, sera ce parieur qui n’a pas froid aux yeux. Son projet : faire cohabiter les univers de Disney et de Final Fantasy dans un jeu de type action-RPG ambitieux. Autant vous dire qu’au départ les joueurs comme la presse étaient sceptiques… jusqu’à la sortie du titre, en 2002.

Ce monde a été connecté… relié aux Ténèbres


Kingdom Hearts raconte l’histoire de Sora et de ses amis : Riku et Kairi; qui cherchent désespérément à quitter leur monde : l’Ile du Destin. Car pour nos 3 héros, la vie calme et ensoleillée qu’ils mènent est très loin d’étancher leur curiosité et leur soif d’aventure. Ils rêvent que leur radeau de fortune les emmène à la découverte de nouveaux mondes plus excitants, ce qui aurait pu se faire si une terrible tempête couplée à de mystérieuses créatures n’avait pas fait rage.


Pendant la tempête, Kairi et Riku disparaissent, et Sora est englouti par les ténèbres, avant de se réveiller dans la ville de Traverse : refuge des égarés. Armé d’une épée en forme de clé, appelée Keyblade, Sora fera équipe avec Donald et Dingo afin de combattre les sans-cœurs qui ont attaqué son île, pour ainsi retrouver ses amis disparus.

L’histoire à priori enfantine de Kingdom Hearts gagne en consistance et en complexité au fil de l’intrigue. Le joueur est happé dans une histoire riche en rebondissements, et se verra même surpris voir consterné lorsque Sora arrivera à la Forteresse Oubliée. Les gentils d’alors nous sembleront être des antagonistes, et un nouveau grand méchant fera également son apparition. A ce point de l’aventure, le joueur se sentira trahi puis perdu, et c’est une des grandes forces du scénario.


Ainsi, si Sora était au départ le jeune garçon voué à sauver le monde comme il en existe des dizaines dans les autres RPGs, il devient un peu plus humain par la force des choses. Le joueur finira par ressentir de l’attachement, ainsi qu’une certaine empathie pour ce personnage qui semblait si classique sur le papier.

Prête-moi ta force !


Comme dit un peu plus haut, Kingdom Hearts fait le pari un peu fou de réunir les univers Disney et Final Fantasy. Sora va donc voyager de monde en monde à la recherche de ses amis, allant du Pays des Merveilles à Agrabah, ou encore au Colisée de l’Olympe. Chaque monde abrite les personnages phares des films auxquels ils font référence.

Les personnages de Final Fantasy ne sont pas en reste, puisqu’il nous sera possible de croiser Aerith, Youffie, Cloud, Squall… voire même d’affronter le puissant Sephiroth. Le mariage de ces 2 univers est un peu étrange au début (voir Cloud se faire battre par le Cerbère alors qu’Hercule le domine facilement est un peu déroutant pour tout fan de Final Fantasy VII), mais on finit très vite par le trouver sympathique et très bien trouvé.


Reste que les transitions entre ces mondes sont pour le moins mollassonnes; Sora devant voyager à bord d’un vaisseau Gummi dans les entrechemins. Ledit vaisseau avance à une vitesse affreusement lente, et le joueur devra tenter d’éviter les divers ennemis qui se mettront en travers de sa route, grâce à des petits lasers fixés aux ailes de l’engin.

Au final, on se retrouve à appuyer sur X fréquemment pour faire « piou piou » et éliminer les ennemis, tout en esquivant les divers obstacles qui se dressent contre nous avec une vitesse si molle que l’ennui arrive très vite. Heureusement, il sera par la suite possible de récupérer un bloc spécial pour se téléporter directement aux mondes déjà visités, ouf !

C’est le pouvoir de la Keyblade !


Au niveau du gameplay, nous avons droit à un système de combat en temps réel assez nerveux. Le menu de commandes nous permet d’attaquer avec la Keyblade, mais aussi d’utiliser la magie, des objets (pour se soigner, entre autres)… et d’invoquer un allié.

Car oui, comme dans Final Fantasy, il est possible de faire appel à de puissants personnages issus de divers films Disney. Chacun aura sa particularité : Simba pourra rugir et tuer certains ennemis d’un seul coup, Bambi gambadera à vos côtés pour distribuer quelques précieuses orbes permettant de regagner des HPs et MPs, tandis que Clochette vous soignera continuellement pendant l’affrontement.


Sora pourra bien évidemment monter en niveau au fil des combats, et ainsi apprendre de nouvelles compétences le rendant toujours plus redoutable. Il ne faut pas oublier que notre héros n’est pas seul, puisque Donald et Dingo l’accompagnent. Même si leur présence peut dépanner de temps en temps, l’intelligence artificielle est très perfectible : il arrive très souvent à Donald de gaspiller tous ses MPs en lançant des sorts comme un bourrin, au point de ne plus en avoir au moment crucial où vous êtes aux portes de la mort. Dingo n’est pas en reste car il fonce au corps à corps sans réfléchir, se faisant éliminer en 2 temps 3 mouvements.

A terme, pour peu que l’on sache gérer efficacement les diverses compétences ainsi que l’IA des alliés, Sora deviendra un élu de la Keyblade chevronné. Mais malgré cela, le jeu ne vous fera pas de cadeaux pour autant, puisqu’en plus des sans-cœurs et des boss tous plus redoutables les uns que les autres, vous devrez vous confronter à votre pire ennemi qui n’est autre que… la caméra !


Cette dernière est impitoyable : elle se coincera dans des angles improbables (ce qui vous fera recommencer certaines phases de plate-forme nombre de fois), et partira souvent en sucettes lors des combats pour rendre l’action particulièrement illisible. Qu’on se le dise, Si vous arrivez à maîtriser cette caméra, alors vous êtes un vrai maître de la Keyblade.

Kingdom Hearts est un jeu qui a marqué l’esprit de nombreux fans de RPGs. Son univers riche associé à des personnages attachants à su toucher les joueurs en plein cœur, malgré le scepticisme initial à l’annonce d’un titre crossover avec Disney. Son histoire à priori enfantine puis passionnante et relativement complexe, alliée à un gameplay efficace malgré une caméra capricieuse; ont fait de ce titre la pierre angulaire d’une saga devenue le 3eme pilier de Square Enix , avec Dragon Quest et Final Fantasy. C’est bien simple : si vous n’y avez pas encore joué… qu’attendez-vous ?!

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