Final Fantasy VIII
Introduction
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Sorti en 1999 sur PC et PlayStation, Final Fantasy VIII constitue le deuxième volet de la saga à exploiter la 3D, mais aussi le deuxième volet de la saga à paraître dans nos vertes contrées, et également le deuxième volet à être porté sur PlayStation. Lorsqu’elle commence à développer Final Fantasy VIII, l’entreprise Squaresoft ne peut ignorer le succès phénoménal et mondial de Final Fantasy VII en dépit de ses nombreuses entorses aux traditions des RPG japonais. Si ce nouvel opus jouit ainsi d’un approfondissement de l’excellence graphique de son prédécesseur, il en récupère aussi le contexte scénaristique beaucoup plus moderne, réaliste, et humain, ce qui ne fait pas l’unanimité auprès des joueurs. Bien que, profitant de la renommée incontestée de son grand frère, Final Fantasy VIII réalise dès les premières semaines des ventes phénoménales, le jeu ne tarde pas à séparer la communauté des fans entre ceux qui le considèrent comme l’hérésie suprême à proscrire des Final Fantasy, et ceux qui y voient l’aboutissement d’une évolution souhaitée depuis longtemps.


Un tableau humain passionnant

Squall Leonhart, un jeune homme ténébreux et taciturne de 17 ans, est un étudiant à l’université de Balamb Garden, la prestigieuse école préparant ses élèves à faire partie du SeeD, un corps d’élite de combattants mondialement reconnu. Son examen final va le conduire à participer à une opération militaire visant à repousser un assaut de la dictature Galbadia sur le petit royaume de Dollet. Les motivations de l’agresseur sont obscures, mais préfigurent déjà l’aube d’un conflit imminent, international, et surtout intemporel.



Tout comme chez son prédécesseur, l’histoire de Final Fantasy VIII s’inscrit dans un monde bien moins médiéval et technologiquement très avancé. Ce qui surprend au premier abord, c’est l’aspect des personnages qui sont désormais normalement proportionnés, tant dans les phases de combat que les phases d’exploration, ce qui les rend plus humains. De son côté, l’histoire privilégie nettement un scénario réaliste faisant la part belle aux sentiments humains, dont l’amour qui en constitue ici le socle central. C’est cette mise en exergue qui donne parfois à Final Fantasy VIII la réputation d’un jeu navet, en dépit de la profondeur de réflexion que l’on peut y déceler, comme dans tout opus de cette saga.

Un accompagnement audio-visuel excellent

Squaresoft profite de l’expérience graphique acquise au cours du développement de Final Fantasy VII pour proposer une qualité graphique encore une fois au sommet pour l’époque. On retrouve ainsi, sans surprise, des scènes cinématiques pré-calculées au rendu impressionnant et au service de phases d’action remarquablement immersives. Les modélisations 3D des personnages ont été retravaillées et s’incrustent désormais bien mieux dans des environnements 2D aux échelles réelles. Les traits des protagonistes ont aussi été lissés et arrondis, et réduisent grandement l’aspect polygonal caractéristique des héros de Final Fantasy VII.



La bande-son du jeu est, à nouveau, signée Nobuo Uematsu, et accompagne remarquablement bien les nombreuses heures de jeu, tant au cours du scénario que lors des quêtes annexes. Les deux sentiments majeurs de l’opus, le romantisme et le patriotisme, sont retranscrits à merveille dans les nombreuses déclinaisons musicales distillées dans le jeu. D’autres pistes individuelles méritent également notre pleine attention, telles que The Landing, jouée lors de l’assaut sur Dollet, The Waltz, la piste accompagnant la scène de danse, ou encore Julia, le morceau jouée par la pianiste à Deling City. Enfin, les âmes musicales ne pourront guère faire l’impasse sur Eyes On Me, chanson-thème promotionnelle composée spécialement pour le jeu, menant à son paroxysme la qualité d’une bande-son remarquable et thématique.

Un gameplay innovant et pour le moins troublant

Au niveau du gameplay, Final Fantasy VIII bouscule fortement les traditions. En réponse aux critiques selon lesquelles les invocations sont acquises trop tardivement dans Final Fantasy VII, cet opus propose dès le début la possibilité (et même l’obligation) de s’équiper de ses invocations, nommées ici G-Forces. L’association de ces G-Forces, en nombre conséquent, à chacun de ses personnages est indispensable si l’on veut pouvoir leur fournir d’autres commandes qu’Attaquer et décupler leurs caractéristiques. Si elles proposent toutes nativement les commandes basiques comme Voler ou Objets, elles nécessiteront néanmoins un entraînement important avant que ne puissent être débloquées les capacités Souk (Boutique accessible partout), No-combat (pas de combat aléatoire), Arnica (régénération complète des HP) ou encore Créa-Magie (fusion de plusieurs magies pour en fabriquer une plus puissante).



Final Fantasy VIII innove également en supprimant les MP. Au lieu de consommer des MP, les magies font désormais office d’éléments de l’inventaire, et à ce titre, comme les objets, elles peuvent être volées aux ennemis, stockées, jetées, ou récupérées sur des sources de magies ; il est même possible de fusionner plusieurs magies pour en créer une plus puissante ; en contrepartie, chaque lancer de magie en consomme bien évidemment à présent une unité, comme si on lançait un objet. La principale différence avec les objets (outre le fait que les dégâts infligés dépendent des caractéristiques du magicien) est que les magies possédées par un personnage peuvent être, pour chacune, associées à une caractéristique de leur porteur, à condition que celle-ci ait été débloquée par une G-Force. Plus la magie en question est rare et plus il y en a en votre possession, plus les conséquences sur votre personnage en seront grandies. Il sera ainsi possible d’atteindre sans aucune difficulté les 9 999HP ou les 255 de caractéristique grâce à une bonne réserve d’Ultima ou de Sidéral, alors que même un stock énorme de Brasier n’aura qu’un effet limité (quoiqu’appréciable) sur la robustesse de votre personnage. L’effet retors de cette innovation est qu’on a tendance à plus conserver ses magies qu’à les utiliser, afin de garder à son maximum le potentiel de nos guerriers dopés, les combats se réduisant alors à un simple échange de coups à l’arme.



D’autres nouveautés mineures peuvent encore être listées. Il n’y a désormais plus de jauge de Limit Break ; ces attaques meurtrières seront susceptibles d’être lancées lorsque votre personnage aura ses points de vie dans le jaune. Chaque personnage dispose d’une Limit Break différente dont le fonctionnement variera énormément de l’un à l’autre, mais il n’y a rien de bien surprenant par rapport aux opus précédents, mis à part peut-être la gâchette de la Gunblade de Squall, à activer au moment précis du coup par la touche R1, et qui permet d’accroître les dégâts infligés, un petit point d’interactivité qui peut se montrer addictif. D’autre part, les Gils ne se gagnent plus désormais à la fin des combats, mais seulement de manière périodique, sous forme de salaire, et en fonction de vos réussites aux examens écrits du SeeD, que vous pourrez améliorer progressivement au cours du jeu en répondant à des séries de dix questions. Il est à noter également que le niveau des ennemis s’ajuste automatiquement à celui des héros, de sorte qu’un levelling intense et acharné ne rendra guère l’aventure plus facile sans un long travail sur les caractéristiques des personnages et sur l’entraînement des G-Forces. Enfin, Final Fantasy VIII inaugure un nouveau mini-jeu de cartes, le Triple Triad, sur lequel il sera possible de défier un bon nombre de PNJ ; les cartes en question, à l’effigie des monstres, des boss, ou des protagonistes du jeu, pourront être gagnées soit par victoire au Triple Triad, soit en gain lors des combats, soit au travers de certaines capacités à débloquer par les G-Forces. Ce nouveau mini-jeu constitue un divertissement dans le divertissement, et peut même être pour certains une véritable addiction.


Conclusion

Final Fantasy VIII, ce n’est donc pas l’opus naïf, l’hérétique volet de la saga, ou la tentative avortée de bousculer les traditions d’une série qui se définit pourtant par son inconstance. Final Fantasy VIII est simplement une nouvelle expérience proposée par Squaresoft ; c’est un jeu qui ne fait clairement pas l’unanimité et qui peut diviser les fans quant à sa pertinence, mais que tous doivent se forcer à reconnaître la qualité certaine qui transparaît au travers de sa richesse, sa profondeur et sa variété. On adhère ou on n’adhère pas au scénario à la trame réaliste et à la complexité époustouflante, au gameplay à la fois traditionnel et novateur, à l’univers plus humain et moins fantastique, mais on ne peut pas vraiment se faire son propre avis sans y avoir longuement touché, car ce jeu est bien particulier dans toute la saga. Pour certains, c’est celui qu’il faut absolument oublier. Pour d’autres, il s’agit du scénario le plus profond et le plus abouti, celui qui ouvre la voie à de très nombreuses théories. Et il est vrai que, quand on se donne la peine de creuser plus en profondeur, on décèle dans cet opus, sous des abords simpliste d'une idylle amoureuse, une complexité insoupçonnée …

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