Final Fantasy V
Introduction
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Nous sommes en 1992 ; Squaresoft a frappé fort il y a quelques années avec Final Fantasy IV, véritable succès au Japon et aux Etats-Unis. Mais une légère lassitude commence à se faire sentir : Squaresoft arrivera-t-il à renouveler le genre qui le fait survivre depuis quelques années et ne pas sombrer dans la monotonie ? Les différents opus de la saga ne risquent-ils pas, à force, de se répéter ?

L’histoire montre que Squaresoft a réussi à tirer son épingle du jeu grâce à un Final Fantasy V bon, mais pas excellent. Bien que totalisant 2,5 millions de ventes au Japon, ce nouvel opus n’est pas un gros succès et ne parvient pas à s’imposer outre-mer. Sa tentative timide de localisation se solde par un échec cuisant, et le manque d’intérêt qu’il suscite démotive dans un premier temps tout essai de réédition sur une console plus avancée, confinant Final Fantasy V à la Super Nintendo et, un peu plus tard, à la PlayStation, dans une version quasiment identique. Il faut dire que, coincé entre un Final Fantasy IV et un Final Fantasy VI excellents, et sans réelle qualité qui le fasse sortir du lot, ce cinquième opus a du mal à s’imposer dans les esprits et fait réellement pâle figure.

Une histoire de cristaux

Le monde de Final Fantasy V est régi par l’intégrité des quatre Cristaux du Vent, de la Terre, de l’Air, et de l’Eau. Chaque Cristal participe à la bonne marche de la nature et détermine l’équilibre dû à un élément. Lorsque le roi Tycoon perçoit un trouble dans l’air, qui ne berce plus par ses douces rafales les forêts et qui ne ballote plus les océans pour en provoquer les vagues, il quitte son château et se rend au Temple du Vent, où le pire se produit juste sous ses yeux : le Cristal du Vent se brise en mille morceaux. A cet instant, un tremblement de terre secoue les environs et un énorme aérolithe tombe sans raison apparente des cieux pour aller se crasher dans une forêt voisine. Réunis dans des circonstances pour le moins inexplicables et par un hasard complet, Bart, Reina, Galuf et Faris n’ont rien en commun, mis à part le désir partagé de vouloir rétablir l’équilibre et la sérénité du monde et de résoudre les énigmes associées à ces événements. Ils ne savent pas qu’ils devront se confronter à une menace cosmique …

Des graphismes plus ou moins charmants

Si les graphismes nous paraissent dérisoires de nos jours, ils étaient agréables à l’époque de la Super Nintendo. Pourtant, contrairement aux habitudes futures de Squaresoft, Final Fantasy V ne perce pas dans ce domaine et ne marque pas les esprits. Jeu intégralement en 2D (ce qui était normal pour l’époque), cet opus est doté tantôt d’un graphisme charmant, à défaut d’être soigné (comme sur la carte du monde), tantôt d’un graphisme grossier (comme pour certains monstres lors des combats). La cinématique précalculée en 3D à l’ouverture de la version PlayStation rehausse la qualité graphique, sans toutefois parvenir à faire le poids face à un manque de motivation de la version originale. Dans l’opinion générale, Final Fantasy V reste donc un jeu correct à regarder, mais qui n’en met clairement pas plein les yeux.

De la mélancolie, de la bravoure...Un bande son majestueuse

La bande-son récolte un suffrage plus favorable. Bien qu’elle ne s’inscrive pas dans les bandes-son mémorables, elle satisfait au moins par les émotions qu’elle suscite, principalement axés autour de la mélancolie et de la bravoure. Quelques thèmes sont susceptibles de se démarquer du lot, telles que le thème de la Carte du Monde ou encore le fameux Battle On The Big Bridge, ou le thème ordinaire de combat. Dans l’ensemble, on retient surtout de cette bande-son agréable qu’elle rafraîchit les heures de jeu et permet globalement de mieux se détendre. Mais là encore, elle ne marque pas les esprits et s’efface face à ses excellentes concurrentes des autres opus de la saga.

Et toi ? Quel est ton job ?

Le gameplay reste relativement classique. La principale différence vient du réemploi du système de jobs de Final Fantasy III, en une version bien sûr améliorée. 20 jobs sont disponibles tout au long du jeu, mais la plupart ne se débloquent qu’au cours de l’aventure, par exemple à l’acquisition d’un Cristal. Chaque personnage choisit un job qui en détermine les capacités physiques et les compétences utilisables. Il est bien sûr encore possible de faire évoluer les jobs, ce qui renforce les personnages concernés en accentuant leurs points forts ou en leur débloquant de nouvelles compétences.


La grosse nouveauté vient surtout de la possibilité de changer de job en cours de partie, à tout moment, et à volonté ; cela permet d’une part de s’adapter aux différentes situations, qui exigeront parfois un renfort en soin ou, à l’inverse, une plus grosse force de frappe ; d’autre part, plusieurs jobs pouvant en conséquence évoluer parallèlement et simultanément, il est possible d’en combiner plusieurs et d’obtenir des personnages d’une polyvalence redoutable, le nombre de combinaisons possibles étant alors quasiment infini ! La bonne maîtrise de ces associations de jobs est, vous l’aurez compris, essentielle afin de former une équipe efficace et parvenir au bout du jeu.

Et ensuite ?

Plus d’une décennie plus tard, le jeu a été porté sur GameBoy Advance, mais sans changement notable. Avec une qualité graphique qui ne s’était pas démarquée à l’époque et qui en plus a souffert de l’évolution explosive dans ce domaine, et une bande-son qui ne transcende pas les esprits, ce cinquième opus reste sympathique pour tout fan de la saga, mais gagne en fadeur d’année en année.

Conclusion

Final Fantasy V, c’est un étrange numéro au sein d’une série habituée à l’excellence. Opus tout à fait sympathique et qui mérite sa place au sein de la saga Final Fantasy dont il emprunte les traditions centrales, telles que l’histoire pleine de rebondissements ou les personnages aux caractères divers et bien trempés, il ne parvient cependant pas à se démarquer de ses aînés et cadets, en raison d’une charte graphique trop aléatoire et d’une bande-son trop timide. Malgré des ventes impressionnantes pour une notoriété si faible, il faudra attendre bien longtemps avant de pouvoir songer à un portage et à une localisation. Et même après cet effort, Final Fantasy V restera à jamais dans l’ombre des excellents volets que sont Final Fantasy IV et Final Fantasy VI.




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