Final Fantasy
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La naissance de Final Fantasy est loin d’être une simple anecdote et déborde d’ironie. Il n’avait en effet guère été prévu que ce jeu, pensé à la base comme le dernier bijou de la firme Squaresoft, puisse devenir à l’origine d’une des plus grosses sagas de jeux vidéo de tous les temps ! Nous sommes en 1987, et la situation est critique : Squaresoft enchaîne échec après échec, aucun de ses jeux ne parvient à sortir du lot et les ventes ne décollent pas. Se préparant à mettre la clé sous la porte, un dernier jeu, un dernier espoir, est développé par cinq personnes. A la tête de cette équipe figure Hironobu Sakaguchi, qui déclare être plus apte à raconter une histoire qu’à créer un jeu d’action… une idéologie encore en vigueur aujourd’hui ! S’inspirant d’un Dragon Quest glorifié à l’époque, il construit petit à petit l’univers médiéval de Final Fantasy, dans lequel les joueurs pourront se plonger, et qu’ils pourront complètement explorer à leur guise ; il y adjoint un scenario plus riche qu’il n’y paraît, et fait développer l’ensemble sur NES, la console phare de l’époque. Le succès est immédiat et sauve la firme japonaise à l’agonie : les 400000 ventes préfigurent la création d’une toute nouvelle saga de RPG ainsi que, bien plus tard, d’un portage et d’une localisation de ce premier numéro.

Une histoire aux sources de nombreuses variantes

L’intégrité du monde repose sur un équilibre entre quatre Cristaux fondamentaux : celui de l’Air, du Feu, de l’Eau et de la Terre. Au fil des siècles, chacun de ces Cristaux se brise, et le sort du monde en est gravement menacé. Mais les habitants ont foi en une antique prophétie mentionnant quatre guerriers de la Lumière élus par les Dieux et qui sauveront le monde de la destruction au gré de leurs péripéties.



L’histoire très simpliste de ce premier opus n’est pas sans rappeler celle de Final Fantasy V puis, dans une moindre mesure, de Final Fantasy IX (même si les références ne manquent pas, avec le retour des personnages de Garland et NecronKingdom Hearts. Le scénario, très manichéen, oppose Lumière et Ténèbres et pourrait presque ressembler à une propagande religieuse, les Guerriers de la « Lumière » ayant été élus par les « Dieux » pour repousser les menaces des « Ténèbres ». Pourtant, s’il a été repris, c’est bien parce qu’il reste d’une profondeur et d’une réflexion philosophique intemporelle, et porte sur un sujet qui a toujours intéressé l’homme : la mort. L’intrigue de ce Final Fantasy est donc bien plus intéressante qu’il n’y paraît au premier abord !

Une surprise musicale

Les graphismes de la version NES sont bien entendu très simplistes et ne permettent certainement pas l’explosion d’effets 3D à laquelle nous sommes maintenant habitués. Le jeu a cependant connu des rééditions successives sur PlayStation, GameBoy Advance puis PSP, qui ont progressivement amélioré sa qualité graphique, lui conférant aujourd’hui un charme rustique. Certains regretteront le non-passage à la 3D, qui constitue certes une marque de fidélité à l’opus original, mais qui rend ce jeu peu attrayant à l’époque des consoles next-gen.



La bande-son elle aussi ne permet pas des folies, mais le compositeur, Nobuo Uematsu (encore lui !), a su tirer parti de manière optimale des faibles capacités de la console de l’époque. Il a ainsi pu créer de véritables mélodies agréables à entendre et auxquelles les joueurs se sont tout de suite attachés. Aujourd’hui encore, ces mélodies résonnent dans nos oreilles … Car en effet, même si la bande-son de Final Fantasy est peu connue, ou peu reconnue, elle est en partie à l’origine des musiques emblématiques de la saga ! Qui se doutait que des thèmes comme Prelude ou Fanfare transcenderaient le temps et marqueraient des générations successives de joueurs, au point d’être intégrés à quasiment chaque opus de la saga ?

Aux sources d'un gameplay aujourd'hui légendaire

Le gameplay, là encore, est très simple, mais pose des règles simples et efficaces qui seront reprises dans quasiment tous les successeurs du jeu. Comme dans bon nombre de RPG, les combats se déclenchent de manière aléatoire et se font au tour par tour, chaque combattant devant attendre le remplissage complet d’une jauge de temps avant de pouvoir agir. Les assauts tiennent compte des affinités élémentaires et des équipements, mais aussi des classes des héros, que le joueur peut fixer (une fois pour toutes !) dès le début de la partie. Le choix d’une classe influe très directement sur les compétences à acquérir au cours du jeu ainsi que sur l’équipement disponible, mais aussi sur les stratégies d’équipe à adopter pour se sortir de toutes les situations imaginables. Enfin, les objets restent utilisables au travers du sempiternel menu « Attaquer – Magie – Objets ».



Les péripéties rencontrées n’ont rien de bien palpitant non plus : quatre grands donjons, chacun correspondant à un Cristal … Entrecoupés d’autres donjons ou villages … L’intrigue n’offre guère de place aux mini-jeux ou éléments interactifs récurrents de nos jours ; seule l’histoire permet de briser la monotonie. De surcroît, le niveau de difficulté particulièrement élevé de la version NES aurait pu en rebuter plus d’un. Mais il n’en est rien ! De manière particulièrement étonnante, les joueurs japonais se passionnent pour ce petit bijou et ne se défilent pas devant le système de sauvegarde très contraignant à l’époque. Aujourd’hui, avec les rééditions, ces détails stupéfiants sont gommés ; entre autres, Final Fantasy a retrouvé un niveau de difficulté compatible avec celui des opus actuels, ce qui le rend bien plus accessible.


Le gameplay de Final Fantasy, c’est donc du vu et du revu… mais si l’on peut se permettre de dire ça, c’est justement parce que ce gameplay a été si excellent, qu’il en a constitué simplement la base des futurs opus ! Toutes les idées développées dans ce volet précurseur ont en effet tôt ou tard été reprises, et souvent à plusieurs reprises, dans une saga qui se définit pourtant par son inconstance. Un peu comme si tout ce qui faisait l’ossature de l’opus constituait aussi la colonne vertébrale des Final Fantasy. C’est d’ailleurs à ce titre que cet opus précurseur laisse sa marque dans le bestiaire (le gobelin), l’équipement (la Masamune !) et les objets (potions, éthers et elixirs).

Conclusion

Final Fantasy constitue véritablement l’origine même de la série, et son essence caractéristique continue de couler dans tous les opus de la saga. Pour comprendre les évolutions qu’elle a connues, il est donc essentiel de ressourcer à sa base. Avec les rééditions, les portages et les localisations qui ont été opérés, plus aucun fan des Final Fantasy n’a de raison de ne pas avoir dans sa ludothèque, celui qui n’est pas moins que le précurseur de toute cette effervescence. Sans être excellent et malgré son côté old-school, Final Fantasy se joue sans souci, et, avec un peu de persévérance, la passion qu’ont éprouvée les fans japonais pour la version originale en deviendra très palpable.




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